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Le 14 février, il n’y a pas que la Saint-Valentin !

A l’approche du Nouvel an lunaire, les gares de trains et de cars sont prises d’assaut en Chine, comme les aéroports, par les millions de gens qui rentrent dans leurs villes et villages natals pour passer les fêtes en famille.

Plus de 210 millions de voyageurs devraient prendre le train pendant ces vacances de Nouvel an, ce qui serait un record.

Car la tradition reste forte dans le géant asiatique: le Nouvel an chinois se passe en famille, même cette année où il coincide, le 14 février, avec la Saint-Valentin, pour le plus grand drame des jeunes amoureux, appelés à choisir entre âme soeur et parents.

Au nom de la tradition aussi et pour répondre aux pressions familiales, certains jeunes célibataires partiront aussi pour cette grande migration accompagnés d’un ou une fiancé fictif, dont ils ont loué les services.

Au total, ils seront des dizaines de millions à affronter des transports en commun surpeuplés pour un voyage souvent épuisant, patientant dans des gares saturées, après s’être battus pour obtenir le sésame: un billet de train ou de bus, éventuellement obtenu à prix d’or au marché noir, malgré les efforts des autorités pour réprimer les trafics.

Malgré 12 heures de trajet en perspective, Tan Xuesong et sa femme sont heureux. Bientôt ce couple de travailleurs migrants sera chez lui dans la province de Jilin (nord-est).

« Ce sont les plus importants congés en Chine et la plupart des gens veulent retourner chez eux », explique Tan, 40 ans, interrogé près d’une des gares de Pékin.

« Même si les billets de train ne sont pas en nombre suffisant, on n’y peut rien, tout le monde veut partir », souligne-t-il.

Selon les chiffres officiels, plus de 650 millions de « voyages » avaient été décomptés mardi dernier, un nombre recouvrant à peu près le nombres de billets vendus pour les différents moyens de transport.

Tan a pris ses précautions pour affronter l’épreuve, emportant des vivres et de l’eau.

Liu Xiaomei, une employée de bureau de 28 ans, part, elle, chargée de cadeaux.

« Je vais offrir des spécialités de Pékin à mes parents, comme du canard laqué, ainsi que des cigarettes et de l’alcool », dit-elle en attendant son car qui la transportera à Tangshan, à quelques heures de la capitale.

La période de voyages a commencé fin janvier, même si le gros des déplacements s’effectue dans les jours précédant le Nouvel an.

Elle représente tous les ans un casse-tête pour les autorités qui doivent gérer des scènes de chaos indescriptibles, maîtriser les trafics des revendeurs de billets et déployer des personnels de sécurité supplémentaires, notamment dans le sud, dont les usines emploient des dizaines de millions de travailleurs migrants.

Aucun problème majeur n’est survenu jusqu’à présent cette année, alors que certaines périodes de Nouvel an ont laissé des souvenirs amers.

En 2008, des foules avaient ainsi été bloquées dans les gares, obligées d’abandonner leurs projets de réunions familiales, quand des tempêtes de neige s’étaient abattues sur le centre et le sud du pays.

La Chine compte au moins 150 millions de travailleurs migrants, qui ont quitté leurs campagnes pour aller s’employer dans les villes et zones industrielles du sud et de l’est.

source : AFP

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