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Barack Obama en visite au Japon pour la première étape de sa tournée asiatique

obama au japonLe président des États-Unis a rencontré le nouveau chef du gouvernement japonais, méfiant envers Washington.

Barack Obama et Yukio Hatoyama ont voulu donner l’impression d’une entente parfaite. Le président américain, en visite au Japon pour la première étape de sa tournée asiatique, et le premier ministre japonais ont fait vendredi assaut de sourires face à la presse. Parlant d’une «nouvelle alliance», affichant une image de complicité, les deux hommes ont tenté d’alléger le lourd climat entre Washington et Tokyo.

Après cinquante ans d’une alliance sans nuage avec les États-Unis, le Japon cherche à s’émanciper. Yukio Hatoyama a été élu il y a deux mois en promettant une plus grande indépendance de son pays face à son «protecteur» américain, dont il dépend pour sa défense. Il a depuis multiplié les crocs-en-jambe à son allié : critique virulente du mode de vie américain ; retrait des facilités logistiques accordées par le Japon à la guerre en Afghanistan ; remise en cause des accords de défense portant sur la présence des troupes américaines à Okinawa, d’où elles couvrent l’ensemble de l’Archipel, provoquant les récriminations de la population locale… Le nouveau premier ministre du Japon veut, dans le même mouvement, davantage arrimer son pays au continent asiatique. Il rêve d’une communauté régionale, fondée sur le modèle de l’Union européenne, à laquelle il se réfère très fréquemment : monnaie commune, marché commun…

Mais si le Japon quittait l’alliance, à quelle porte frapperait-il en Asie ? Quelle forme prendrait cette communauté asiatique ? Les hommes politiques de la majorité veulent généralement donner aux États-Unis un rôle central, et restreindre les prérogatives de la Chine. Ils y font entrer l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le Vietnam… «La monnaie commune, oui, dans cent ans, peut-être… Avec une Chine dont la monnaie est non convertible, et un Japon qui n’a jamais réussi l’internationalisation du yen, ça semble difficile», raille un haut fonctionnaire de la Banque du Japon.

Barack Obama et Yukio Hatoyama ont aussi évoqué le problème des bases américaines d’Okinawa, sans régler la question (voir l’encadré). Les 25 000 soldats américains présents dans cet archipel du sud du Japon, dont ils occupent 20 % du territoire, sont de moins en moins tolérés par la population locale. Yukio Hatoyama avait promis de revoir les conditions de leur redéploiement, objet de discussions avec Washington depuis treize ans. Ulcérée par ces atermoiements, l’armée américaine campe sur les accords précédents. Yukio Hatoyama, lui, s’est donné un temps de réflexion supplémentaire.

À propos d’un autre sujet sensible, le chef de l’État américain a évoqué une possible visite à Hiroshima et Nagasaki, les deux villes japonaises détruites par des bombes atomiques américaines à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les 6 et 9 août 1945. Le Japon s’était rendu le 15 août. «Je n’ai pas le projet de m’y rendre immédiatement, mais c’est quelque chose qui serait justifié selon moi», a déclaré Barack Obama, ajoutant qu’il serait «certainement honoré» d’effectuer ce voyage. Les États-Unis n’ont jamais présenté d’excuses pour les 140 000 morts d’Hiroshima, ni pour les 75 000 victimes de Nagasaki. Aucun président américain en exercice ne s’est rendu dans ces villes. Jimmy Carter a visité Hiroshima, mais après avoir quitté la Maison-Blanche.

Source : le figaro

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